Programme « Bien-être des populations de l’intérieur » de Guyane (BEPI)

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BEPI actu

Depuis septembre 2017, la Direction générale de l’Agence régionale de santé (ARS) de Guyane a mobilisé des budgets exceptionnels pour le programme BEPI « Bien-être des populations de l'intérieur de Guyane », crée notamment à la suite du Rapport sur les Suicides des jeunes Amérindiens en Guyane française des parlementaires A.Archimbaud et M- A.Chapdelaine.

Ce programme de santé communautaire a pour missions de réduire le mal-être et de renforcer les facteurs protecteurs du suicide au sein des populations de Camopi à Trois Sauts pour le moyen et Haut-Oyapock et du bourg de Maripasoula à Pidima pour le Haut-Maroni.

« Un point est essentiel. A plusieurs reprises, nous avons entendu cette phrase : « Rien ne peut se faire sans nous », et le regret de ne pas trouver l’interlocuteur pour mettre en œuvre tel ou tel projet.

Pour être efficaces, les politiques publiques doivent construire des capacités dans ces populations, leur donner des outils qui leur permettent de traiter elles-mêmes les problèmes et de s’organiser. »

« Bien des projets utiles se sont heurtés à la lenteur et à la rigidité de procédures ou de dispositifs conçus pour des territoires et des organisations qui n’avaient rien de commun avec ceux de l’intérieur de la Guyane, à l’instabilité des financements, à la prise en compte insuffisante des contraintes logistiques, au carcan de l’habitude…

Pour échapper à ces écueils, la mission insiste sur la nécessité, en matière de santé plus encore qu’ailleurs, de mobiliser les ressources, les compétences, les savoir-faire, les énergies, qui existent au sein des communautés. »

« La démarche d’élaboration d’un programme de santé communautaire, ou mieux encore, de deux programmes, l’un sur le Haut Maroni, l’autre sur le Haut Oyapock, doit être sans attendre engagée. Elle ne saurait être « sous-traitée » à des acteurs extérieurs au territoire mais confiée à une équipe associant, autour des équipes médicales des sites concernés, les habitants et les associations partenaires. » (Rapport ARCHIMBAUD et CHAPDELAINE, 2015) ;

« BEPI » a pour principe d’action de susciter des idées, identifier de possibles porteurs de projets locaux, leur proposer un accompagnement afin de construire leur projet, le financer s’il est accueilli favorablement par les communautés concernées et promouvoir « l’ancapacitation » de ces derniers au cours de la mise en place de leur action.

Le programme permet le conventionnement entre l’ARS, son opérateur et le porteur de projet afin de lui permettre de mettre en œuvre des actions tout en limitant au maximum les obstacles habituels dans l’accès aux financements publics (littératie, exigences juridiques et techniques, formulaires CERFA etc.)

Les fonds alloués au programme BEPI sont de 500 000€ par an repartis en deux enveloppes :

  • 150 000€ dédiés à la coordination du programme.
  • 350 000€ dédiés au financement des projets.

L’originalité de ce programme tient également dans sa gouvernance au plus près des populations :

  • Chaque projet est présenté, débattu et validé en comité de suivi local, dans la village concerné par l’action et en présence des habitants, de l’ARS, de l’opérateur, du Grand Conseil Coutumier, des mairies, des chefs coutumiers du village, des représentants associatifs locaux, Centre de Ressources Prévention Suicide, CDPS,  etc.
  • Un comité de pilotage annuel est dédié aux orientations du dispositif et compte l’ensemble de ces acteurs.
  • Un comité scientifique annuel avec des experts et représentants des populations concernées par le programme pour apporter un soutien méthodologique.

Les comités locaux sont organisés dans chaque village au moins 3 fois par an afin de permettre le financement constant des projets et de maintenir en lien fort avec la population.

comite de suivi tukisipan elahé