Qu'est-ce que le Chikungunya ?
Le Chikungunya est une maladie virale transmise à l'homme par des moustiques infectés. Cette maladie est due au virus Chikungunya (un arbovirus), du même nom que la maladie qu’il provoque. Ce nom vient d'un verbe de la langue makondé, parlée en Afrique de l’Est, signifiant "qui se courbe". Il est transmis par les moustiques du genre Aedes qui piquent de préférence en début et en fin de journée
Ce moustique transmet également le virus de la Dengue, du Zika, de la fièvre jaune....
Epidémiologie du chikungunya en Guyane
La dernière épidémie de chikungunya en Guyane remonte à 2014. Depuis, plusieurs épidémies ont été observées dans le monde dont la dernière en 2024 et 2025 ayant touché l’Océan Indien mais aussi la France hexagonale au cours de l’été 2025. A cette période quelques cas de chikungunya ont été dépistés en Guyane chez des personnes revenant de ces zones mais cala n’a pas entrainé de circulation locale du virus. En 2025, une autre épidémie touche cette fois les zones Caraïbes et Amérique latine, on observe alors une circulation en Guyane du virus du Chikungunya.
Pour plus d’informations sur l’épidémiologie de cette maladie en Guyane, vous pouvez consulter les points épidémiologiques de Santé publique France.
Bulletin épidémiologique de Santé publique France
La maladie et ses symptômes
Le chikungunya se transmet à une personne saine après une piqûre par un moustique infecté. Il faut qu'un moustique pique une personne malade pour qu'ensuite il transmette le virus à une autre personne saine quelques jours plus tard.
Il ne se transmet pas de personne à personne, mais uniquement avec l’intervention d’un moustique.
Cette maladie est rarement grave, mais peut être handicapante à cause à cause des douleurs articulaires prolongées. Les personnes âgées, immunodéprimées, femmes enceintes ou nourrissons doivent faire l'objet d'une attention particulière.
Les signes se manifestent 5 à 7 jours après la piqûre d’un moustique infecté. Au-delà des similitudes avec la dengue et les autres virus tropicaux, le chikungunya se reconnaît à la sévérité de ses douleurs articulaires, caractéristiques de l'infection :
- Fièvre élevée et brutale
- Maux de tête
- Fatigue prolongée
- Douleurs articulaires pouvant être sévères et invalidantes
- Eruption cutanées
- Saignements possibles (nez, gencives, surtout chez les enfants)
Dès l’apparition d’une fièvre élevée et de douleurs articulaires intenses, il est impératif de consulter son médecin traitant. Il faut également prendre des mesures appropriées pour éviter de se faire piquer par des moustiques qui pourraient ensuite transmettre la maladie en piquant les personnes de son entourage.
Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique. La prise en charge est symptomatique :
- Repos
- Hydratation
Antalgiques comme le paracétamol (éviter l'aspirine et les anti-inflammatoires sans avis médical).
Vous êtes professionnel de santé : la dernière conduite à tenir est disponible en téléchargement ci-dessous [CAT PS en PJ]
se protéger
Il s'agit du même moustique et du même mode de transmission que d'autres arboviroses comme la dengue ou la fièvre jaune. Ces moustiques sont bien adaptés aux zones d'habitat humains et se développent à proximité des maisons.
Pour se protéger, il faut éviter les piqûres de moustiques et empêcher leur prolifération.
- Détruisez les gites larvaires (eau stagnante où se reproduisent les moustiques) présents à votre domicile et dans votre environnement, et éviter leur réapparition : vases, gouttières, pneus, déchets…
- Protégez-vous des piqûres de moustiques (utilisation de moustiquaires, ports de vêtements longs, utilisation de répulsifs et de produits insecticides),
Il est important de se protéger des piqures de moustiques pour éviter d'être piqué à son tour et ainsi éviter la propagation du virus.
En cas de symptômes évocateurs, consultez rapidement votre médecin traitant. Il pourra confirmer ou écarter le diagnostic et vous conseiller sur la conduite à tenir.
La lutte antivectorielle : c’est quoi et ça sert quoi ?
L’objectif de la lutte antivectorielle est de réduire l’impact des maladies liées aux moustiques en agissant sur 3 piliers :
- Surveiller les populations de moustiques qui transmettent les maladies pour guider la lutte
- Lutter contre les moustiques à toutes les phases de sa vie
Les entomologistes cartographient les zones à risque, surveillent les sites sensibles comme les hôpitaux, détectent si de nouvelles espèces arrivent sur le territoire au niveau des ports et aéroports et mesurent si les insecticides utilisés sont efficaces.
Les agents de démoustication luttent contre la prolifération des moustiques en routine au niveau des zones à risque ainsi qu’autour des cas et des foyers d’arboviroses signalés par les laboratoires à l’ARS. Ils utilisent deux méthodes (chimique et mécanique). L’objectif de la méthode chimique est de réduire rapidement les populations de moustiques adultes (pulvérisations ciblées d’adulticides) et les larves de moustiques (application de larvicides dans les eaux stagnantes). L’objectif de la méthode mécanique est de supprimer les lieux de reproduction des moustiques (gîtes larvaires, entretien des canaux…) et de limiter le contact homme-vecteur en sensibilisant la population aux gestes de barrières (moustiquaires, vêtements couvrants, répulsif).
Concernant l’impact environnemental des insecticides utilisés :
- Le Bacillus thuringiensis israelensis (larvicide biologique utilisé contre les larves de moustiques) : il s’agit d’une solution écologique non toxique pour les humains et les animaux qui se dégrade rapidement dans l'environnement. Il n'a pas d'impact significatif sur les habitudes alimentaires des autres espèces animales.
- La deltaméthrine : c'est le seul insecticide chimique autorisé en France pour lutte contre les moustiques adultes dans le cadre de la lutte anti-vectorielle. La deltaméthrine présente une toxicité pour les insectes, la faune aquatique et les animaux à sang froid, tels que les poissons et les tortues. Lors de leur passage les équipes de traitement précisent les précautions à prendre aux résidents de la zone de traitement. Ces traitements insecticides sont effectués à faibles doses et uniquement en cas d’apparition de maladie afin de limiter l'impact environnemental.
- Mobiliser la population pour assurer l’efficacité et la durabilité des mesures
L’ARS, les collectivités territoriales et les associations travaillent ensemble pour informer sur le cycle des vecteurs et les gestes de prévention, pour faire participer la population (élimination des gites, nettoyage collective, signalement) et pour renforcer les comportements protecteurs. L’ARS communique régulièrement en situation d’épidémie ou lorsqu’un risque est avéré.
En agissant sur son environnement direct ou en adoptant les mesures de précaution, chacun peut contribuer à la lutte contre les maladies transmises par les insectes. C’est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de diminuer la transmission !
En agissant sur son environnement direct ou en adoptant les mesures de précaution, chacun peut contribuer à la lutte contre les maladies transmises par les insectes. C’est la somme de mesures individuelles et collectives qui permet de diminuer la transmission !





