Guyane

Paludisme

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Le paludisme, maladie provoquée par une infection du sang par un parasite microscopique (Plasmodium), est transmis dans notre région par Anopheles darlingi, moustique nocturne et sauvage
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Il s’agit d’une maladie potentiellement dangereuse, mais nous disposons aujourd’hui de moyens pour la prévenir et la soigner efficacement.

En Guyane deux espèces de parasites (genre Plasmodium) sont à l’origine de la maladie chez l’homme :

  • Plasmodium falciparum est l’espèce la plus dangereuse et potentiellement mortelle. Elle est dominante en Afrique, et minoritaire en Guyane. Un traitement précoce de ce parasite permet d’en éviter les complications graves, et mène à une guérison rapide.
  • Plasmodium vivax, qui peut subsister sous une forme dormante ("hypnozoïte") dans les cellules du foie de l’homme, et provoquer des rechutes tardives s’il n’est pas traité. La répétition de ces rechutes est dangereuse pour la santé et affaiblit l’organisme considérablement. Un traitement est disponible pour prévenir ces rechutes : une prise complète de tout le cycle de traitement prescrit (de la durée totale d’environ 3-4 semaines) permet une guérison complète.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime ainsi à 200 millions le nombre de cas survenant chaque année, et environ la moitié de la population mondiale vit dans une zone à risque pour le paludisme.

En Guyane, les efforts menés pour lutter contre le paludisme ont conduit à une réduction considérable du nombre de cas enregistrés chaque année: de plus de 4500 cas en 2005 à environ 600 cas en 2017. Cependant, d’une manière générale, le risque paludique existe encore en Guyane, essentiellement le long des deux fleuves frontière et en communes de l’intérieur. Quelques foyers sur le littoral sont également connus et contrôlés, mais restent en dehors des villes.

Les aires concernées par la transmission du paludisme sont représentées sur la carte suivante en téléchargement:

La légende apporte des conseils précieux sur les mesures de prévention à adopter pour se protéger.

Une mise à jour trimestrielle des données épidémiologiques concernant la transmission du paludisme est réalisée par la CIRE Guyane et est disponible sur le site de Santé Publique France .

Le paludisme est transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique Anophèles, elle-même infectée après avoir piqué un homme impaludé : la femelle, en prenant le repas de sang nécessaire à sa ponte, injecte le parasite. Les mâles ne piquent pas.

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Le moustique qui transmet le paludisme est actif la nuit. C’est donc sur la période allant du coucher au lever du soleil que vous risquez le plus d’être piqué et que vous devez vous protéger.

Aucun vaccin n’est aujourd’hui disponible pour se protéger du paludisme.

La prévention de cette maladie repose donc sur deux actions :

  • Protégez-vous des moustiques:

    • dormez sous une moustiquaire imprégnée (ou dans des chambres fermées et climatisées);
    • portez des vêtements larges et couvrants;
    • utilisez des répulsifs cutanés à la tombée de la nuit et au petit matin (en suivant les indications des producteurs) ;
    • équipez vos habitations de moustiquaires aux portes et fenêtres.
  • Si vous vous déplacez dans une zone de transmission à risque

    , consultez votre médecin et prenez un traitement préventif (chimio-prophylaxie, exemples : atovaquone-proquanil, mefloquine, doxycycline).
    Ce traitement est pris en charge par la Sécurité sociale pour les assurés sociaux de Guyane.

 

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Les principaux symptômes sont les suivants :

  • Une fièvre
  • Des maux de tête
  • Des frissons

Ces symptômes peuvent être accompagnés à des maux de ventre, nausées, diarrhées. Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements avec transpiration intense, peuvent alors survenir : c’est "l’accès palustre".

    Si vous présentez les symptômes décrits ci-dessus:

    • Consultez le plus rapidement possible un médecin.
    • Ne prenez pas de médicaments sans avis médical (en dehors du paracetamol pour lutter contre la fièvre et les douleurs).
    • Reposez-vous sous une moustiquaire pour limiter la contamination des moustiques qui pourraient vous piquer, et qui pourraient ensuite contaminer vos proches

    Lorsque vous êtes malade : un diagnostic précoce et un traitement rapide sont très importants pour maîtriser la maladie, cela permet d’en raccourcir la durée et limite les complications éventuelles. Il est essentiel de prendre les médicaments jusqu’à la fin du traitement.
    Les femmes enceintes, les enfants sont particulièrement fragiles vis-à-vis du paludisme.

    Les délais d’incubation sont variables et peuvent être longs, c’est pourquoi pour toute consultation chez un médecin en cas de fièvre, et dans un délai de 12 mois suivant votre retour d’une zone à risque, il est important de l’informer que vous avez voyagé dans une zone de circulation du paludisme.

    L’ARS s’est dotée en 2015 d’un plan régional de lutte contre le paludisme, rédigée grâce à la collaboration avec des nombreux partenaires institutionnels, scientifiques et de terrain. Elle pilote ce plan et en assure la mise en œuvre. L’objectif de ces actions est de pouvoir contrôler la transmission de cette maladie sur l’ensemble de la région pour pouvoir, à terme, l’éliminer du territoire.

    Parmi les partenaires actifs sur ce front nous pouvons lister :

    • Santé publique France et son antenne régionale, la CIRE (cellule d’intervention en région) Guyane, qui assure la surveillance épidémiologique du paludisme
    • la Direction de la Démoustication et des Actions Sanitaires de la Collectivité Territoriale de Guyane qui mène les opérations de lutte contre les moustiques adultes et contre les gites larvaires
    • l’Institut Pasteur de Guyane avec : son laboratoire de parasitologie (qui est antenne du Centre National de Reference du paludisme, ainsi que Centre collaborateur de l’OMS pour la surveillance des résistances aux médicaments antipaludéens) et son laboratoire d’entomologie.
    • La Direction interarmées du service de santé, particulièrement active dans la surveillance, prévention et prise en charge du paludisme chez les militaires intervenant en forêt
    • Les acteurs de la recherche opérationnelle, qui permettent une amélioration des connaissances concernant cette maladie, et expérimentent des stratégies innovantes
    • Les établissements hospitaliers, les CDPS, les médecins de ville, les laboratoires de biologie médicale, et tous les professionnels de santé qui permettent le diagnostic et la prise en charge de cette maladie

    Aller plus loin

    Le palu en Guyane

    Le risque paludique est présent en Guyane, essentiellement le long des deux fleuves frontière et en communes de l’intérieur. Quelques foyers sur le littoral sont également connus et contrôlés, mais restent en dehors des villes.

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    Informations assurés sociaux en Guyane

    Pour les personnes assurées sociales en Guyane qui résident sur le littoral et qui souhaitent se rendre en zone à risque de paludisme (Intérieur), le traitement préventif est remboursé par la caisse régionale de sécurité sociale, sur prescription médicale stipulant la durée du séjour et la zone de séjour.