Guyane

Voeux de la directrice générale aux partenaires

Actualité
Date de publication
Visuel
voeux dg 2019 actu
Jeudi 24 janvier, la directrice générale a présenté à l’Agence régionale de santé ses vœux aux partenaires de l’ARS. A cette occasion, elle a tracé quelques unes des lignes directrices qui conduiront son action au cours de l’année 2019.
Corps de texte

Elle a tout d’abord rappelé l’adoption récente du Projet régional de santé 2 qui a fait l’objet d’une intense concertation courant 2018. Elle a félicité les nombreux acteurs qui se sont mobilisés à cette occasion, et a remercié les institutions qui ont rendu un avis sur ce projet. Elle a indiqué que désormais chaque institution doit désormais s’emparer du PRS 2 pour définir sa contribution à l’atteinte des objectifs stratégiques fixés par celui-ci et définir ainsi sa propre feuille de route. « L’ARS prendra sa part et aidera si besoin, au plan méthodologique, les partenaires qui en exprimeront le besoin » a-t-elle indiqué. « Le PRS seul n’est rien, il lui faut un programme de traductions concrètes dans toutes les politiques publiques » a-t-elle ajouté. « L’ARS veillera à l’animation de cette dynamique et la mise en cohérence des différentes feuilles de route. Je compte sur l’aide, l’appui et la vigilance de la CRSA, véritable Parlement sanitaire et médico-social de la Guyane, dont la composition a été renouvelée en 2018. »

Elle a ensuite abordé la démocratie sanitaire, « dimension essentielle de notre système de santé ». « La santé et l’autonomie ce n’est pas que l’affaire de l’ARS, c’est l’affaire de tous les services, collectivités, associations » qui œuvrent dans ce domaine. « C’est aussi l’affaire de chaque citoyen et citoyenne ». A ce sujet, Mme de Bort a fait part de sa « surprise » à la vue du faible nombre de plaintes adressées par les guyanaises et guyanais à ses services. « Les plaintes sont une formidable occasion de progresser » a-t-elle souligné. Elle a annoncé prévoir de développer en 2019 des formations aux droits des patients, dont fait partie le dépôt de plainte.

Les droits des patients est « une dimension clé dans la Santé mentale » a-t-elle poursuivi. Elle a rappelé que la Santé mentale est une priorité du Président de la République, et a fait référence à l’annonce ce même jour par la Ministre de la Santé d’un plan de Santé mentale ambitieux. « Or, nous le savons, la Santé mentale est un enjeu majeur en Guyane, comme en témoigne cruellement l’épidémie de suicides en cours ».

Mme de Bort a confirmé poursuivre la mise en œuvre des préconisations du rapport sénatorial, « sous la coordination très efficace de monsieur le Préfet ».

Elle a ensuite annoncé son intention commune avec monsieur le Recteur de travailler à soutenir et outiller les adultes encadrant les jeunes. « Lors du suicide d’un jeune, les équipes pédagogiques sont en première ligne. Un suicide c’est aussi un traumatisme pour la communauté éducative, avec des risques de contagion bien connus des spécialistes. » Elle a ensuite admis qu’il faut « peut-être mieux coordonner, pendant cette crise qui dure, nos modes d’intervention entre la Santé et l’Education nationale, faire que chacun soit plus clair sur son rôle et ses articulations ». Elle a complété en indiquant vouloir aussi « ensemble lutter contre les dérives sectaires qui sont d’autant plus dangereuses qu’elles touchent des populations fragilisées. » « Nous devons être absolument professionnels et utiliser des méthodes d’intervention validées scientifiquement » a-t-elle insisté.

Elle a ajouté vouloir développer l’offre de soins psychiatriques, et annoncé se rendre mardi prochain à Maripasoula, rencontrer les équipes et voir ce qu’il est possible de faire émerger comme projets, pour mieux ajuster l’accompagnement de l’ARS. « Nous serons au rendez-vous » s’est-elle engagée.

Concernant l’offre de soins et les structures de prise en charge psychiatrique, elle a souligné que cette offre « doit être digne et respecter les droits fondamentaux des personnes, notamment la liberté d’aller et venir des personnes hospitalisées sous le régime libre ».

Elle a aussi estimé qu’il faudra développer l’offre de soins pédopsychiatriques et qu’il faudra « réfléchir comment renforcer l’offre de soins psychiatriques pour les adolescents. »

« Toutes ces actions et beaucoup d’autres, relevant notamment de la réadaptation ou du soutien par les pairs trouveront leur traduction, leur cohérence et leur planification dans le projet territorial de santé mentale dont je viens de lancer les travaux » a-t-elle conclu.

La directrice générale a ensuite évoqué la Santé sexuelle. Ella a annoncé vouloir avec le Réseau périnatalité lutter contre les grossesses précoces, « facteur de risque tant au plan de la santé que de la précarité ». « Il faut casser la spirale de la pauvreté en travaillant sur l’éducation des garçons et des filles ». Elle a aussi annoncé son intention de contribuer à la lutte contre les violences sexuelles, notamment celles dont sont victimes les enfants, évoquant « le respect du corps, le respect du consentement, le respect des droits de chacun et de toutes les orientations sexuelles, en luttant farouchement contre toute forme de stigmatisation ». Elle a salué le rôle des associations dans ce domaine, « mais aussi de chacun et chacune d’entre nous, dans notre rôle de parent. » « Quand on est bien dans sa vie sexuelle, on est bien dans sa vie » a-t-elle résumé.

La directrice générale a ensuite plus largement évoqué l’axe prévention et promotion de la santé, un axe fort de l’ARS qui a représenté 9 millions d’euros en 2018, soit, rapporté à la population, « le budget le plus important de France ».

Elle a souhaité rappelé notamment une action importante menée avec le rectorat en 2018 sur les fleuves, autour de la vaccination, le dépistage des troubles de la vue, de l’audition, et de la santé dentaire. « Il faut poursuivre ces efforts en 2019 car la couverture vaccinale est encore très insuffisante » a-t-elle souligné. « Il nous faudra tous ensemble travailler sur une ou plusieurs opérations de rattrapage vaccinal, en unissant les forces de la CTG et des services de l’Etat ».

Elle a indiqué souhaiter essayer de renforcer la prévention et la promotion de la santé « en soutenant le travail formidable fait dans les PMI ». Elle a souligné l’enjeu majeur de ces structures, notamment dans la santé nutritionnelle. « Diabète, obésité, AVC sont les bombes sanitaires de demain » a-t-elle martelé. « Il nous faut réunir nos forces pour que les jeunes adoptent des comportements alimentaires favorables à la santé ».

Mme de Bort a ensuite abordé l’axe Santé environnement. Elle s’est félicitée de ce que la Guyane n’ait pas eu à subir d’épidémie vectorielle en 2018, « une grande victoire que l’on doit à la parfaite coordination des services et à l’engagement remarquable de la Collectivité territoriale de Guyane dans la lutte antivectorielle ». Elle a tenu à rendre également hommage à l’Institut Pasteur de Guyane, « véritable fleuron dans la lutte, mais également reconnu au plan mondial pour l’intérêt et la qualité de sa production scientifique ». Elle a souligné « la nécessaire vigilance de tous les instants », indiquant que ses équipes étaient encore sur le terrain cet après-midi après le signalement d’un cas de dengue importé.

Elle a ensuite indiqué que la vigilance s’appliquait aussi aux eaux de baignade, rappelant qu’en 2018 plusieurs sites de baignade avaient été interdits par l’ARS. « Notre équipe se tient à la disposition des communes concernées pour les aider à trouver les solutions leur permettant la réouverture rapide de ces sites ».

Concernant le risque métaux lourds, la directrice générale s’est engagée « aux côtés du préfet à structurer le pôle mercure plomb qui nous aidera dans la recherche et l’accompagnement des professionnels pour limiter l’exposition des populations. »

Elle a tenu enfin à évoquer un autre aspect de la santé publique, celui de la surveillance des risques associés aux soins, comme les infections nosocomiales ou encore le risque médicamenteux. Sur ce plan elle a souligné le rôle majeur du signalement par les professionnels. Elle a indiqué que l’ARS a structuré en 2018 son point focal régional, accessible 24h/24 et 7 jours/7, permettant de recueillir tous les signalements et de lancer les mesures urgentes nécessaires. « 2019 sera là aussi l’année de la sensibilisation, celle des professionnels autour de l’importance des signalements pour renforcer la sécurité sanitaire. »

Concernant les professionnels de santé Mme de Bort a insisté sur l’importance de développer l’attractivité et la fidélisation, notamment pour le secteur ambulatoire. Elle s’est félicité du travail majeur conduit en 2018 avec la CGSS, l’Ordre des médecins, l’URPS pour structure un guichet unique facilitant l’installation et l’exercice des professionnels installés. « Ils n’ont pas le temps d’aller de guichet en guichet, il faut faciliter la vie des professionnels de santé de Guyane ».

Concernant les maisons de santé pluriprofessionnelles, la directrice générale a rappelé que plusieurs d’entre elles sont labellisées ou en cours de labellisation, ce qui leur permettra d’obtenir des financements supplémentaires. « La maison de santé pluriprofessionnelle est un puissant outil pour attirer et stabiliser les professionnels sur le territoire. Elle leur permet de travailler en équipe, ne plus être seul. La maison de santé pluriprofessionnelle c’est bon pour les patients mais c’est aussi bon pour la vie personnelle des professionnels de santé » a-t-elle remarqué.

Elle a ajouté que tous les professionnels de santé étaient important dans le système de santé, notamment les infirmiers libéraux « mais aussi les psychomotriciens, orthophonistes, ergothérapeutes, pédicures-podologues, qui ne sont pas assez nombreux en Guyane et qu’il nous faut attirer également ».

Elle a tenu enfin à rendre hommage à la maison médicale de garde de Cayenne, « qui a sur aider le CHAR lorsque celui-ci a rencontré des difficultés aux urgences, en élargissant ses horaires d’ouverture ». « Les urgences du CHAR, comme les urgences de tout établissement de santé, ont besoin d’une offre ambulatoire étoffé en ville » a-t-elle conclu.

Concernant les hôpitaux, Mme de Bort a tenu à ne pas développer, ceux-ci ayant beaucoup occupé l’actualité. Elle s’est néanmoins félicitée de ce que les difficultés du CHAR aient été prises en compte, soulignant l’aide importante que celui-ci a obtenu tant en investissement qu’en aide en trésorerie. Elle s’est félicitée de l’ouverture de nouvel hôpital de l’ouest guyanais, « outil magnifique » encore en phase de montée en charge, rendant hommage aux équipes qui ont permis la réalisation de ce projet et le déménagement sans encombre. Enfin, elle a salué « la mue » du nouveau centre hospitalier de Kourou, devenu en 2018 un établissement public. « Les trois hôpitaux sont désormais mûrs pour le groupement hospitalier de territoire, et j’ai été très heureuse d’en signer hier à Saint-Laurent-du-Maroni l’acte de naissance ».

La directrice générale a souhaité s’arrêter ensuite sur l’Institut de formation en soins infirmiers de Guyane, qui a connu des difficultés en 2018. « La CTG, le CHAR et l’ARS se sont alors pleinement mobilisés pour renforcer en urgence les équipements et outils pédagogiques ». Mme de Bort a souligné la nécessité désormais d’« opérer une véritable transition en rapprochant l’IFSI de l’Université et en appliquant enfin, à Cayenne comme à Saint-Laurent-du-Maroni, le référentiel de formation de 2009 ». Elle a ajouté que l’ARS « devra probablement renforcer sa présence et son expertise dans les comités pédagogiques de l’IFSI ». Elle a enfin fait part de son « heureuse surprise » en constatant les efforts de l’ARS Guyane dans le soutien financier à la promotion professionnelle. Elle a souhaité que l’on « forme davantage de guyanais, que l’on augmente le nombre de places dans les centres de formation, que l’on attire des enseignants, et que l’on développe les solutions d’hébergement ».

Mme de Bort a souligné que le secteur médico-social a lui aussi besoin de professionnels de santé et médico-sociaux. Elle a évoqué les nombreuses réalisations dans ce secteur et les appels à projets en cours pour développer les services médico-sociaux. Concernant les personnes handicapées, elle a souligné l’importance de développer le dépistage, notamment dans les territoires de l’intérieur et de créer des structures pour les personnes dépistées, tant adultes qu’enfants. Concernant les personnes âgées, elle a tenu à saluer l’initiative lancée en 2018 pour soutenir les milliers d’aidants de Guyane, « qui s’épuisent bien souvent dans cette mission, au détriment de leur propre santé » à travers la création d’une plateforme de répit ouvert à tous. Au sujet des personnes en difficultés spécifiques, elle a évoqué la création de lits halte soins santé et appartements de coordination thérapeutiques, grâce à la mobilisation des associations. Elle a annoncé s'inscrire elle aussi dans une logique de parcours, associant inclusion scolaire, insertion professionnelle et santé, comme c’est le cas dans la stratégie autisme.

La directrice générale a souhaité conclure son intervention par « le point commun entre toutes ces dynamiques, à savoir la e-santé, qui permet aux professionnels de santé et médico-sociaux de travailler ensemble autour des usagers ». Elle a évoqué à ce sujet « l’étape majeure » qu’a représenté 2018 dans ce domaine. Elle a souligné que la Guyane était la première région de France à avoir su mettre d’accord les professionnels du secteur sanitaire public, privé, ambulatoire et médico-social, qui partagerons prochainement le même dossier patient informatisé. L’année 2018 a été celle du dialogue compétitif permettant de choisir la solution convenant à tous. Le DPI sera déployé progressivement jusqu’en 2021. « Le DPI c’est une chance pour tous les patients, y compris ceux qui résident loin d’un service hospitalier, et dont les données ont besoin d’être parfaitement partagées lors d’un transfert à l’hôpital. » a-t-elle remarqué. « C’est aussi une chance majeure pour la continuité des soins dans le temps, dans un environnement marqué par le turn-over des professionnels, pour conserver et transmettre l’histoire de la santé de chaque patient » a-t-elle souligné.

« La e-santé c’est aussi ce qui permet aux guyanaises et aux guyanais de bénéficier des meilleurs experts, même lorsque ceux-ci sont sur un autre continent » a-t-elle poursuivi. A ce sujet, elle a salué la filière télé AVC qui permet aux trois établissements publics de bénéficier de diagnostics très rapides grâce à leur liaison avec le CHR de Besançon. C’est aussi ce type de technologie qui devrait « plus proche de nous, permettre de développer les liaisons entre les services hospitaliers et le centre de rétention administrative ou encore la maison d’arrêt de Cayenne ».

Mme de Bort a insisté sur le caractère bénéfique des échanges avec les professionnels, notamment ceux de métropole. A ce sujet, elle a salué la convention signée en 2018 entre les établissements hospitaliers de Guyane et l’AP-HP, indiquant qu’il faudra en 2019 la faire « davantage fleurir ». Elle a aussi évoqué les nouveaux contrats d’assistants spécialistes, qui permettent à de jeunes médecins de se former à temps partagé entre la Guyane et la métropole. « Il est certain que certains d’entre eux tomberont amoureux… et resteront en Guyane » a-t-elle prédit avec malice. « La Guyane a tant à apprendre à nos amis et collègues de l’hexagone, car ses contraintes forcent l’ingénierie. »

Après avoir tracé ces grandes lignes, la directrice générale a lancé : « Certains me disent ‘courage !’ avec compassion. Du courage j’en ai, mais il ne suffira pas. La Santé c’est l’affaire de tous et toutes, et notre ARS sera au service de toutes celles et tous ceux qui veulent avancer, et monter des projets ».

Avant de souhaiter à chacun et chacune une excellente année 2019, elle a alors conclu son propos ainsi : « Je formule pour 2019 le vœu que nous travaillions de concert, que nous ne gaspillions pas nos précieuses énergies en nous renvoyant la balle, mais en prenant pleinement en charge nos compétences respectives. En regardant en face nos propres turpitudes, et en en tirant avec humilité des enseignements pour avancer. Nous le devons aux guyanaises et au guyanais ». 

Source de la vidéo

Les voeux de la DG ARS Guyane aux partenaires