Guyane

Interdictions de baignade et phénomène d'échouage d'algues sargasses

Communiqué de presse
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Plusieurs plages et criques de Guyane sont actuellement interdites à la baignade par des arrêtés préfectoraux et municipaux.

En revanche, concernant les échouages récents de Sargasses, les risques sanitaires sont non avérés pour l’instant en Guyane
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Interdiction de baignades  pour qualité insuffisante depuis 5 années

Plusieurs plages et criques de Guyane sont actuellement interdites à la baignade par des arrêtés préfectoraux et municipaux.

Ces interdictions sont liées à une qualité de baignade insuffisante depuis cinq années consécutives selon les paramètres de classement du ministère de la santé qui prennent en compte notamment la qualité bactériologique de l’eau de baignade (présence de germes témoins de contamination fécale.)

La réouverture de ces sites de baignades est conditionnée à la réalisation de « profils de baignade » (étude des sources de pollution et des moyens d’y remédier) par les gestionnaires de ces sites et à l’obtention d’une qualité au moins suffisante pour la saison en cours.

Phénomène d'échouage d'algues Sargasses et recommandations de l' ARS

En revanche, concernant les échouages récents de Sargasses, les risques sanitaires sont non avérés pour l’instant en Guyane : la quantité de dépôts observée jusqu’à aujourd’hui est en effet non comparable avec les quantités échouées sur les plages dans les îles des Antilles lorsque des mesures de prévention de l’exposition de la population sont préconisées par les autorités sanitaires.

Afin de confirmer l’absence de risque, l’ARS et le SDIS ont procédé cette semaine à des mesures d’hydrogène sulfuré (H2S) sur les plages de Cayenne, Remire, Awala et Kourou. Aucune concentration détectable d’H2S n’a été mesurée.

Les recommandations de l’ARS sont donc actuellement les suivantes :

  • Eviter de manipuler les algues en décomposition,
  • Eviter la baignade et le contact avec les masses d’algues flottantes,
  •  Pour les personnes sensibles (femmes enceintes, enfants en bas âge, personnes âgées, insuffisants respiratoires, asthmatiques), s’éloigner des zones où une odeur d’H2S (odeur caractéristique d’œuf pourri) est perceptible. Consulter un médecin en cas de symptômes irritatifs (toux, irritations des yeux, vertiges, maux de tête) après une exposition à des algues sargasses.
  • Eviter les zones de bord de mer où des algues se sont accumulées en quantités importantes.

Ces recommandations sont susceptibles d’être complétées en fonction de l’évolution des échouages et dépôts dans les jours à venir.

1. D’où viennent les odeurs émises par les algues sargasses ?

L’odeur caractéristique d’œuf pourri est celle de l’hydrogène sulfuré (H2S). L’H2S est un gaz qui provient de la décomposition naturelle des algues sargasses notamment lorsque des algues (comme toutes les matières organiques biodégradables) reposent sur une plage ou des rochers. Notre système olfactif est capable de détecter cette substance en très faible quantité (0.02 à 0.03 ppm).

2. Quel est le risque pour ma santé si je respire du H2S ?

Le H2S est un gaz toxique, mais la gravité de l’intoxication dépend de la dose respirée et de la durée d’exposition. Le risque est plus important en milieu confiné. Sur le littoral le gaz est dilué dans l’air et les concentrations sont plus faibles.

Il est toutefois recommandé d’éviter de s’exposer aux algues sargasses en suivant les précautions suivantes et particulièrement pour les personnes vulnérables et sensibles (femmes enceintes, enfants en bas âge, personnes âgées, insuffisants respiratoires, asthmatiques, etc.),

  • Eviter de manipuler les algues en décomposition,
  • Eviter la baignade et le contact avec les masses d’algues flottantes,
  •  Pour les personnes sensibles s’éloigner des zones où l’odeur d’H2S est perceptible,
  • Consulter un médecin en cas de symptômes irritatifs (toux, irritations des yeux, vertiges, maux de tête). Lorsque vous ressentez des symptômes, éloignez-vous de tout dépôt d’algues sargasses et consultez votre médecin, en lui signalant le lieu d’exposition aux algues sargasses.
  • Quitter les zones de bord de mer si les algues se sont accumulées en quantités importantes.

3. Quelles ont les risques sanitaires pour les personnes qui ramassent les algues sargasses ?

L’ANSES recommande la mise en œuvre d’un ramassage régulier et systématique des algues échouées sur le littoral.

Lorsque ces mesures sont mises en œuvre, les recommandations pour la protection des travailleurs portent sur le port de détecteurs d’H2S, les moyens mécaniques, les équipements de protection individuelle (EPI), la formation et l’information des travailleurs ainsi que la mise en place d’une traçabilité des travaux exposants.

En cas d'irritation oculaire ou respiratoire, de malaise, le chantier doit être évacué immédiatement. Le responsable doit alors prévenir les pompiers ou le centre de secours le plus proche.

4. Quelles sont les personnes sensibles et vulnérables ?

Les personnes sensibles et vulnérables sont les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, les personnes de plus de 65 ans, les personnes souffrant de pathologies cardio-vasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques. Sont également concernées, des personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics (par exemple: personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux).

5. Y’a-t-il déjà des conséquences sanitaires graves signalées pour l’homme liées à l’exposition d’algues sargasses ?

A ce jour, il n’y a pas eu de signalement lié à un impact sanitaire grave lié à l’exposition d’algues sargasses et aucune conséquence sanitaire recensée dans notre région notamment lors des échouages précédents

6. Pourquoi les mesures de protection des travailleurs qui ramassent les algues sont différentes de celles de la population résidant à proximité des zones d’échouages ?

Les travailleurs font l’objet d’une réglementation particulière visant à les protéger en fonction de leur niveau et durée d’exposition ainsi que de leur vulnérabilité éventuelle. Ainsi, différentes mesures de contrôle de leur exposition sont mises en œuvre en fonction du niveau et de la durée d’exposition Les valeurs de référence utilisées pour protéger la population sont plus faibles pour tenir compte de la présence de personnes vulnérables et sensibles.

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