Guyane

Expérimentation vaccination HPV en milieu scolaire : le recteur et la directrice générale de l’ARS se félicitent que la Guyane ait été retenue par le ministère

Communiqué de presse
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A l’occasion de la présentation par Agnès Buzyn, ministre chargée de la santé, de la semaine de la vaccination actuellement en cours, celle-ci a annoncé retenir la Guyane et la région Grand-Est pour expérimenter la vaccination à l’infection à HumanPapilloma Virus (HPV) en milieu scolaire, pour une durée de trois ans
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En Guyane, cette expérimentation se déroulera dans plusieurs communes.

La Guyane est particulièrement touchée par cette pathologie, à l’origine du cancer du col de l’utérus. Ce cancer est le deuxième cancer féminin le plus fréquent du territoire (8ème en France hexagonale).

Les populations résidant dans les communes de l’intérieur sont particulièrement concernées. L’étude épidémiologique de l’infection menée dans ces communes a montré un taux de prévalence de l’infection de 35%, ce qui représente l’un des taux les plus élevés au monde, et une fréquence des lésions cytologiques de haut grade (les plus graves) quatre fois supérieure à celle rencontrée en Ile-de-France.

Plusieurs facteurs se conjuguent pour augmenter la transmission et le risque d’infection par HPV en Guyane :

  • des relations sexuelles précoces : l’âge moyen du 1er rapport sexuel en Guyane est de 15 ans (métropole : 17 ans)
  • une fréquence élevée de partenaires multiples
  •  une mobilité importante des populations
  • un tissu sanitaire sous-dense sur l’ensemble du territoire et plus particulièrement dans les communes isolées
  • un accès difficile aux services de prévention et de soins
  • une part importante de la population qui ne bénéficie pas d’ouverture des droits sociaux
  • une couverture vaccinale globalement faible, estimée entre 5 et 15% sur le littoral et quasiment nulle dans les communes isolées.

La mise en oeuvre d’un programme de vaccination anti-HPV dans les communes isolées représente donc une priorité de santé publique en Guyane.

L’expérimentation se déroulera de la façon suivante :

  1. Septembre : formation des professionnels de santé (infirmiers, sages-femmes et médecins) des centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS) dans les communes isolées, des établissements scolaires et des professionnels libéraux sur le littoral. Les formations porteront sur l’épidémiologie du HPV, les différentes pathologies HPV-induites, et sur l’intérêt de la vaccination anti-HPV et du dépistage associé.
  2.  Octobre : campagne de vaccination gratuite des jeunes filles scolarisées de la 6ème à la 3ème des communes de Maripasoula, Papaïchton, Grand Santi, Camopi et Saint-Georges de l’Oyapock, ainsi qu’un échantillon de celles résidant à Saint Laurent du Maroni (un collège concerné par cette action). Pour toucher l’ensemble des jeunes filles ciblées, les vaccinations seront réalisées dans les établissements scolaires, c'est-à-dire au sein des collèges des communes retenues.La deuxième dose de vaccin sera proposée aux mêmes jeunes filles en avril 2020.
  3. L’année prochaine et l’année suivante : campagnes expérimentales identiques dans les mêmes zones, pour les nouvelles jeunes filles entrant dans la tranche d’âge retenue. Selon l’évolution des recommandations nationales, prochainement attendues, l’expérimentation pourra être élargie aux garçons.

L’adhésion des familles à ce projet étant primordiale, des séances d’information auprès des parents seront réalisées en amont des séances de vaccination. Elles permettront également de sensibiliser au dépistage les femmes adultes au sein des familles. Avant les séances de vaccination, les collégiennes recevront également une information sur la transmission des infections sexuellement transmissibles et leurs modes de prévention, dont la vaccination, et seront sensibilisées au dépistage du cancer du col utérin.

Une offre de dépistage par frottis et/ou auto prélèvement des jeunes femmes et femmes sexuellement actives sera également proposée. La prise en charge des femmes repérées alors comme positives au HPV sera assurée.

Un bilan annuel de l’expérimentation sera conduit afin d’analyser l’efficacité d’un tel dispositif et son acceptation par la population, en vue d’une éventuelle généralisation.

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